En matière de logement, deux clans s´affrontent : celui des partisans de la location et celui des aficionados de l´acquisition ! Et vous, de quel côté penchez-vous ? Voici quelques éléments de réponse pour vous aider à prendre votre décision.
Vous êtes prêt à devenir propriétaire et vous savez que la clé d´un achat réussi réside dans l´obtention d´un crédit équilibré. Vous pouvez faire vos premières estimations budgétaires en ligne grâce aux outils pratiques mis à votre disposition sur le site :
simulations Solutions Clés . Et surtout, grâce à nos Conseillers en Financement Immobilier vous ajustez votre plan de financement en fonction de la mensualité que vous pouvez rembourser, en vous calant éventuellement sur le montant de votre loyer actuel.
Pourquoi acheter plutôt que louer ?
Il arrive forcément un moment où, en tant que locataire, vous vous êtes posé cette question : « Pourquoi, pour un remboursement mensuel à peu près équivalent à celui de mon loyer actuel, je n´achèterais pas un logement ? »
Assurez-vous d´abord que cela correspond à vos véritables aspirations et à votre projet de vie, car un achat immobilier est plus engageant qu´une location : vous imaginez-vous vivre au même endroit pendant 5 ou 10 ans ? Est-ce le moment de vous « poser » professionnellement ou allez-vous être amené à bouger ? Comment voyez-vous votre avenir familial ? Autant de questions qui vous permettront de bien cerner vos envies en matière d´immobilier.
Ensuite, posez cette équation d´un point de vue financier et calculez en parallèle les dépenses liées à chaque situation en les examinant sur le long terme.
Pour une acquisition, prenez en compte le coût du bien avec les frais de notaire, celui du crédit dont vous déduisez les intérêts dans le cadre du récent « paquet fiscal » de la loi TEPA , le montant de l'apport personnel éventuel, les dépenses d'entretien, la taxe foncière, puis le prix de revente estimé à la fin de la période étudiée. Pour une location, retenez le montant des loyers versés sur la même période, charges comprises, et la rémunération de l'épargne qui aurait servi d'apport en cas d'acquisition.
En faisant vos calculs, ayez quand même à l´esprit cette maxime frappée au coin du bons sens : si vous achetez, vous remboursez votre emprunt, si vous louez, vous remboursez l'emprunt du propriétaire.
Enfin, réfléchissez aux nombreux avantages de la « propriété ».
D´abord, c´est bon de se sentir vraiment chez soi ! Envie de mettre du parquet au sol, de refaire la salle de bains ou d´abattre une cloison ? Vous faites comme bon vous semble, tant que vous le faites dans les règles (voisinage, copropriété, urbanisme, …). Vous serez forcément plus motivé, et plus libre, pour vous investir dans votre logement.
Et puis, il s´agit d´une belle sécurité pour l´avenir, notamment quand vous prendrez votre retraite et que vos revenus risquent de baisser. Vous pouvez continuer à profiter de votre logement, gratuitement parfois, car plus vous vous y prenez tôt, plus vous avez des chances d´avoir soldé votre crédit au moment de votre retraite.
Pour vos proches ensuite, car c´est aussi un patrimoine que vous leur transmettrez un jour.
Quel que soit le logement concerné, une location est toujours une dépense à fonds perdus. Même en épargnant en parallèle, il faut placer des sommes relativement importantes pour que les intérêts produits puissent au moins compenser le paiement de vos loyers. Tandis que franchir le pas de l´achat revient à se créer, dès le premier jour, un patrimoine qui augmentera au rythme du remboursement de votre prêt.
Acheter ou louer ne répond pas au même besoin. Louer un bien s´inscrit dans une logique précaire, alors que l´acheter et le conserver à moyen ou long terme entre dans une démarche d´investissement et de constitution de capital.
Tous propriétaires !
Contrairement à une idée reçue, l´accession à la propriété est loin d´être réservée aux plus aisés et de récentes dispositions de l´Etat vont dans ce sens.
Premièrement, il est possible d´acheter sans apport. La banque peut vous accorder un crédit sur la totalité du montant de votre achat, même s´il est préférable d´avoir de côté au moins de quoi payer les frais de notaire. De plus, ce besoin d´un apport minimum, qui pénalisait souvent les jeunes, est un frein qui a été en partie levé par l´aménagement et l´allègement des droits sur les donations et les successions, ce qui favorise les transferts de patrimoine dans la famille. Dorénavant, parents et grands-parents qui en ont les moyens peuvent plus facilement participer à la constitution d´un apport initial. Un coup de pouce qui peut souvent permettre de se lancer.
Deuxièmement, les conditions d´accès au crédit immobilier se sont élargies et bénéficient aujourd´hui au plus grand nombre. Grâce à des taux qui restent historiquement bas et des durées d´emprunt qui s´allongent, vous pouvez monter un crédit dont les mensualités de remboursement ne sont pas plus élevées qu'un loyer.
Et c´est sans parler de la pénurie de logements disponibles à la location ou du nombre de garanties et de pièces justificatives exigées par de plus en plus de propriétaires frileux avant d´examiner votre candidature ! En comparaison, le montage d´un dossier de financement en viendrait même à paraître aisé.
Enfin, de nombreux prêts « bonifiés » sont accessibles aux ménages aux revenus modestes, dont les plus connus sont :
- le Prêt à taux zéro : sans intérêts, il permet de financer jusqu´à 20% du coût total de votre opération immobilière. Il doit néanmoins être associé à un autre prêt finançant la même opération.
- le Prêt à l´accession sociale : prêt conventionné particulier soumis à des conditions de ressources qui ouvre droit à l'aide personnalisée au logement (APL).
- le Prêt 1% logement : accordé par votre employeur si votre entreprise cotise au système du 1% patronal.
Et n´oubliez pas, si vous contractez un crédit pour acheter votre résidence principale, vous bénéficiez d´un crédit d´impôt sur les intérêts payés lors des cinq premières années de remboursement qui suivent l´achat. Cette disposition s´inscrit dans le cadre du « paquet fiscal » de la loi en faveur du pouvoir d´achat (TEPA ) récemment publiée au Journal Officiel.
Si de nombreux avantages sont mis à disposition des ménages les plus modestes pour accéder à la propriété, il faut, en revanche, rester vigilant sur les intérêts qui peuvent devenir importants dans le cas d´emprunts de très longue durée.
Du logement au placement :
Vous vous interrogez sur la possibilité de faire un investissement locatif ? Cette formule peut-être une alternative intéressante à votre dilemme pour différentes raisons.
C´est souvent un investissement moins important que l´achat d´une résidence principale, puisqu´il concerne généralement de plus petites surfaces. Typiquement, entre l´achat d´un 3 pièces de 80 m2 pour loger sa famille ou celui d´un studio pour le louer à un étudiant, l´écart de prix est significatif.
Il est vrai que dans le cadre de certains dispositif fiscaux comme le «Borloo » (voir glossaire / fiche) vous pouvez constituer un patrimoine de valeur à transmettre plus tard à vos enfants, générer à terme des revenus complémentaires et alléger votre fiscalité en profitant d´économies d´Impôts. D´une manière générale, c´est un montage qui permet en grande partie de financer le bien acheté.
Attention, tous ces avantages sont soumis à des règles strictes d´occupation du logement et vous devez quand même, en parallèle, payer un loyer ou un remboursement de crédit pour vous loger. Ce n´est pas forcément une solution à la portée de toutes les bourses.
Option à retenir quand le taux d'intérêt du crédit rivalise avec le rendement locatif.
Peur de la revente …
Lorsque vous achetez, il est normal de s´interroger sur la plus ou moins-value latente de votre bien, à terme, si vous souhaitez le revendre dans quelques années. Personne n´a envie de faire une « mauvaise affaire ».
D´une certaine manière, vous ne serez jamais vraiment perdant ! Si vous vous placez dans une logique d´habitation et non de placement financier, la conjoncture n´aura pas vraiment d´impact. Dites-vous bien que le marché est le même pour tout le monde : si vous vendez votre bien moins cher, vous pourrez également acheter un nouveau logement à un prix moins élevé ; à l´inverse une belle plus-value risque d´être absorbée dans votre nouvelle acquisition payée au prix fort. Et puis, tout ce que vous avez remboursé de votre prêt immobilier, c´est déjà de l´argent économisé.
Sauf si vous payez un loyer dérisoire ou si vous avez la bougeotte, vous êtes gagnant sur le long terme en tant que propriétaire car accéder à la propriété est essentiel à la constitution de votre patrimoine. Faites cependant attention aux prêts immobiliers sur des durées trop longues si vous n´êtes pas certain de conserver le bien financé suffisamment longtemps pour que l´opération soit rentable.